Vendredi Saint à Lessines - Procession des pénitents

Friday, 19 April 2019 19:00 - 22:00, Ecole de la Visitation St Pierre
Photo d'un pénitent ©Photo H. JourquinPhoto d'un pénitent ©Photo H. Jourquin

Les Pénitents, un moment unique

La tradition des pénitents remonterait au XVe siècle. Ce Vendredi saint, les pénitents revêtiront la bure.

Chaque Vendredi saint, (ce vendredi 19 avril) une atmosphère particulière emplit le centreville de Lessines, lors de la procession des Pénitents. La séculaire et traditionnelle trilogie lessinoise, avec l’office, la procession et la mise au tombeau, déploie son austère et étonnante grandeur en l’église Saint Pierre et dans les rues de la cité.


Cette tradition religieuse qui existe au moins depuis cinq siècles, invite chacun à vivre sa foi ou à découvrir une part de folklore unique en Europe du Nord, tout en partageant un moment spécial.
Au cours des années, nombreux sont les hommes et les femmes à répondre à l’appel de la foi ou à leur devoir de transmission de la tradition. Tels des passeurs, ils transmettent cet héritage depuis
des siècles afin de le pérenniser, « au-delà des affres de l’histoire et des querelles des hommes », explique Gérald Decoster, membre de la fabrique d’église, organisatrice de l’événement. « Le Vendredi saint lessinois est un élément du patrimoine immatériel de l’humanité même s’il n’en porte pas officiellement le titre ».

Qu’ils y participent en qualité de croyant ou de défendeur du patrimoine, les hommes connaissent les gestes traditionnels. En fin de journée, les pénitents se rassemblent à l’école de la Visitation pour enfiler la bure et la cagoule, avant de se rendre à l’église Saint Pierre pour assister à l’office solennel de la passion.

Ensuite, les hommes encagoulés prennent place dans la procession et sont rejoints par les femmes vêtues d’une cape noire et tenant une lanterne, des acolytes joueurs de crécelles, des chantres et du clergé et des « deuillantes ». Dès la nuit tombée, la ville est plongée dans le noir le plus total pour laisser place au convoi funèbre.


Rythmés par le son des tambours, les pénitents arpentent les rues du centreville en portant la croix, le gisant du Christ suivi de la Vierge endeuillée. La procession avance dans la nuit, à la lueur
des torches. À leur passage, les Lessinois se recueillent et admirent ce « spectacle ». « Pour les touristes, la procession de la mise au tombeau de Lessines est un spectacle étrange, unique et grandiose dans sa sobriété exacerbée », commente Gérald Decoster, « pour les croyants, ce rite séculaire allie
démarche authentique de foi et respect de la tradition, marquant l’espérance du monde
. » 

Hermeline JOURQUIN - L'Avenir, le 19/04/2019

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Revêtir la bure du pénitent, vendredi

Chaque Vendredi saint, ils sont nombreux à revêtir la bure du pénitent, pour un moment fort.

Plongée dans le noir, la cité lessinoise se fige lors le Vendredi saint au soir. Flambeaux à la main, les Pénitents arpentent les rues.

Chaque année, la ville de Lessines attire de nombreux touristes, croyants ou non croyants, des quatre coins du pays pour la curieuse et authentique tradition du Vendredi saint. Datant du XVe siècle, cette manifestation chargée de mysticisme se perpétue grâce aux bénévoles.

Issue des mystères religieux du Moyen Âge, la procession des pénitents remonterait à 1475. Aujourd’hui disparu suite à l’incendie de l’église en 1940, c’est un semainier de l’époque qui relatait l’existence de la procession. Ce document écrit annonçant la procession des pénitents est le plus ancien qui permette de dater les origines de cette manifestation séculaire.

Quatre pénitents en 1971

Il y a 45 ans, Oger Brassart reprenait le flambeau et depuis, il ne cesse de pérenniser la tradition. «Au départ, c’était une confrérie des pénitents qui s’occupait de l’organisation de la procession. Mais il s’agissait d’une société très fermée mise en place à l’après-guerre. La confrérie rassemblait des hommes d’une même génération et ne s’est pas renouvelée. En 1971, il ne restait que quatre pénitents. »

Ayant la volonté de sauver cette tradition, Oger Brassart a contacté la confrérie qui lui a refusé car «trop jeune» et ne faisant pas partie de la confrérie.

«Finalement, trois mois plus tard, on m’a recontacté en me proposant de prendre le relais. Pour faire revivre la tradition et organiser la procession de 72, j’ai fait appel aux pénitents de Furnes, aux figurants du Car d’or de Mons, emprunté les bures de Virelles et Calonne, et fait appel aux groupes de jeunes

Les différentes délégations présentes ont revigoré avec engouement la tradition. Aujourd’hui, il n’y a pas de structure et la procession est organisée bénévolement par Oger Brassart, aidé par quelques bénévoles et la fabrique d’église.

Pour l’occasion, lors de l’office du Vendredi saint, les chorales interprètent des œuvres de qualité. «Comme la pièce très importante de l’Ave verum de Mozart, ou encore la Choral final de la Passion selon saint Jean de Bach; pièce maîtresse, elle est une véritable apothéose », commente Oger Brassart.

Le niveau des ensembles rassemblés pour chanter impressionne. «Le chœur est composé uniquement pour la circonstance et les chanteurs n’ont donc pas l’habitude du répertoire majestueux du Vendredi saint. »

Ensuite, le cortège funèbre arpente les rues du centre à la lueur des flambeaux. Une septantaine de pénitents revêtent bure et cagoule.

Munis d’une croix portant les attributs de la passion, ils sortent de l’église à la nuit tombée et s’avancent dans la ville, plongée dans l’obscurité.

Un groupe d’enfants de chœur précède la procession afin d’avertir au son des crécelles le passage de la procession. Celle-ci revient ensuite à l’église pour une représentation symbolique de la mise au tombeau dans la chapelle de la mise au tombeau.

Tout le monde est le bienvenu pour s’engager et faire pénitence. Il suffit de se présenter le jour même à l’école de la Visitation afin de revêtir la bure et pérenniser la tradition exceptionnelle en Europe du Nord.

Hermeline JOURQUIN - L'Avenir, le 13/04/2017

 


Report

Pour en savoir plus voir notre page consacrée à la procession des pénitents noirs

http://lessines.rotary1620.org/activities/news/604/procession-des-penitents-noirs-a-lessines

Voir aussi le reportage 2017 sur notele :

Les pénitents noirs ont défilé dans les rues

A Lessines, le vendredi Saint signifie marche des pénitents. Une centaine de participants vêtus d’une bure ont défilé sous le son des tambours et des prières. La ville a même été plongée dans le noir pour rendre le moment encore plus fort.

http://www.notele.be/list13-le-jt-a-la-carte-media49748-les-penitents-noirs-ont-defile-dans-les-rues.html

Voir aussi le GRAND ANGLE d'Hermeline JOURQUIN sur le site de l'Avenir intitulé A Lessines, une procession unique en Europe du Nord

Texte & photos : Hermeline Jourquin

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20170415_00990218/grand-angle-a-lessines-une-procession-unique-en-europe-du-nord

Ce Vendredi Saint, environ 200 personnes ont revêtu la bure, la cape ou la mantille et ont arpenté les rues du centre historique de Lessines.

Depuis 1475, chaque Vendredi Saint est une tradition profondément ancrée dans la cité qui fait revivre par un office et une procession la mise au tombeau du Christ pour les Chrétiens, croyants ou non et visiteurs.

À la lueur des flambeaux et des lanternes, au son des crécelles et des tambours, les spectateurs croyants ou non-croyants ont pu apprécier la procession arpenter les rues du centre historique lessinois.

L’atmosphère mystérieuse du convoi funèbre était un spectacle unique et sans doute étrange pour les visiteurs impressionnés par sa beauté en toute sobriété.

Venus entre amis ou individuellement, les hommes qui revêtent la bure le font soit dans une démarche de pénitence, soit simplement pour pérenniser la tradition. Avant de se rendre à l’office, les gestes sont identiques pour chacun d’entre eux, choisir une bure, une cagoule et ensuite, enfiler la corde blanche tenant lieu de ceinture. Cet habit dissimule les hommes et les met tous sur un même pied d’égalité, quelque soit le milieu social. La cagoule renforce la démarche des Pénitents qui se fait toujours de manière anonyme.

Dès la nuit tombée, une fois l’office célébré, le silence s’installe progressivement dans la cité plongée dans l’obscurité. L’heure était au recueillement pour la foule venue particulièrement nombreuse afin de découvrir cette tradition lessinoise, une procession unique en Europe du Nord. A la lueur des flambeaux et des lanternes, au son des crécelles et des tambours, les spectateurs croyants ou non-croyants ont pu apprécier la procession arpenter les rues du centre historique lessinois.

L’itinéraire, un peu différent en raison des travaux de la Grand-Rue, a permis de donner un faste nouveau en passant par la cour des Espagnols de l’Hôpital Notre Dame à la Rose

Hermeline JOURQUIN 15/04/2017 

 


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Ce vendredi 19 avril, la procession et la « trilogie » du Vendredi saint lessinois se dérouleront comme suit : l’office de la Passion est fixé à 19 h 30, la procession sortira vers 21 h et se terminera avec la mise au tombeau (vers 22h dans la collégiale), qui constitue la particularité et unicité de Lessines. La procession passera par le parvis Saint-Pierre, Grand’rue, Grand’Place, rue des Moulins, rue des Quatre Fils Aymon, rue Général Freyberg, Grand’rue, parvis Saint-Pierre, église.


Additional images

  • Le vendredi saint à LessinesLe vendredi saint à Lessines
  • Chaque Vendredi saint, à la lueur des flambeaux, les hommes revêtent la bure du pénitent et arpentent les rues du centre historique. Photo H. JourquinChaque Vendredi saint, à la lueur des flambeaux, les hommes revêtent la bure du pénitent et arpentent les rues du centre historique. Photo H. Jourquin
  • La Procession des Pénitents à Lessines est unique en Europe du Nord, Photo H. JourquinLa Procession des Pénitents à Lessines est unique en Europe du Nord, Photo H. Jourquin
  • Lors de la Procession des Pénitents, l’atmosphère mystérieuse du convoi funèbre est un spectacle unique et sans doute étrange pour les visiteurs généralement impressionnés par sa beauté en toute sobriété. Photo H. JourquinLors de la Procession des Pénitents, l’atmosphère mystérieuse du convoi funèbre est un spectacle unique et sans doute étrange pour les visiteurs généralement impressionnés par sa beauté en toute sobriété. Photo H. Jourquin
  • Dès la nuit tombée, une fois l’office célébré, le silence s’installe progressivement dans la cité plongée dans l’obscurité. Photo H. JourquinDès la nuit tombée, une fois l’office célébré, le silence s’installe progressivement dans la cité plongée dans l’obscurité. Photo H. Jourquin

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